La jambette fascine de plus en plus de cavaliers qui cherchent Ă enrichir le dressage de leur cheval avec des exercices ludiques et Ă©lĂ©gants. Au moment de dĂ©marrer cet apprentissage, beaucoup se demandent sâil sâagit dâun tour de cirque ou dâun vrai outil pour renforcer la confiance et lâobĂ©issance. Lors dâune sĂ©ance en carriĂšre avec une jument trĂšs expressive, le simple fait de lui apprendre Ă tendre lâantĂ©rieur a complĂštement changĂ© sa maniĂšre dâaborder les sĂ©ances de travail Ă pied. Ce que lâon recherche aujourdâhui, ce nâest pas seulement un cheval qui exĂ©cute un mouvement, mais un partenaire qui comprend la demande et prend plaisir Ă y rĂ©pondre.
Apprendre la jambette facilement repose sur quelques piliers trĂšs simples : une prĂ©paration claire, des techniques cohĂ©rentes, une rĂ©compense bien dosĂ©e et une immense patience. On peut considĂ©rer que câest un vĂ©ritable test de la relation cavalier cheval. Chaque Ă©tape, de la dĂ©couverte du stick Ă la premiĂšre jambette bien tendue, renforce ou fragilise ce lien. Dâun cĂŽtĂ©, il y a lâenvie de voir son cheval lever la patte fiĂšrement, de lâautre la responsabilitĂ© de garder lâexercice sĂ©curisĂ© et agrĂ©able. Pour aller plus loin, certains cavaliers associent la jambette Ă dâautres figures comme le pas espagnol, en sâappuyant sur des ressources spĂ©cialisĂ©es comme cet article sur le pas espagnol qui complĂšte parfaitement le travail prĂ©sentĂ© ici.
Sommaire
Bien prĂ©parer son cheval avant dâapprendre la jambette
Avant de parler de jambette, il sâagit de poser des bases solides. Un cheval qui ne respecte pas lâespace de lâhumain ou qui se sent stressĂ© dans la zone de travail ne sera pas disponible pour un nouvel apprentissage. La prĂ©paration conditionne 80 % du rĂ©sultat. Un propriĂ©taire comme Laura, par exemple, a voulu commencer la jambette directement en carriĂšre alors que son hongre regardait partout. RĂ©sultat : rĂ©actions brusques, incomprĂ©hensions, frustration. En rĂ©organisant simplement le cadre (lieu plus calme, rituel dâĂ©chauffement, sĂ©ance plus courte) le mĂȘme cheval sâest mis Ă proposer les premiers mouvements en quelques jours.
Le premier point concerne lâĂ©tat Ă©motionnel de lâanimal. Un cheval qui vient de vivre un transport, une mĂ©tĂ©o compliquĂ©e ou un changement de troupeau a besoin de se poser. Ce que lâon recherche aujourdâhui, câest un cheval disponible, curieux et relativement calme. Un petit travail de marche en main, quelques transitions arrĂȘt pas, quelques flexions dâencolure peuvent suffire Ă le mettre dans une bonne dynamique. Lorsque lâattention reste posĂ©e sur la personne, lâapprentissage peut dĂ©buter sans que cela devienne un vĂ©ritable casse tĂȘte.
Familiariser le cheval avec le stick et le contact
Le stick de dressage, parfois vu comme une baguette magique, est surtout un prolongement du bras. La plupart des cavaliers lâutilisent dĂ©jĂ en Ă©quitation montĂ©e, mais au sol il prend une importance particuliĂšre. Pour la jambette, on peut considĂ©rer que ce stick fonctionne comme un langage tactile, Ă condition que le cheval nâen ait pas peur. Certains sujets associent le stick Ă une expĂ©rience inconfortable passĂ©e, voire Ă des gestes trop brusques. Il est alors intĂ©ressant de consulter un professionnel du travail Ă pied pour repartir sur de bonnes bases.
La premiĂšre Ă©tape consiste Ă rendre le stick neutre puis agrĂ©able. On le promĂšne autour de lâencolure, du dos et de lâĂ©paule, on effleure avec la pointe, on caresse avec le corps du stick. Ă chaque signe de dĂ©tente, comme un souffle plus profond ou un encolure qui sâabaisse, une rĂ©compense peut venir renforcer cette sensation. Cette rĂ©compense peut ĂȘtre une friandise, une pause ou une grattouille au garrot selon ce que le cheval apprĂ©cie le plus. Au moment de sâapprocher du poitrail, la main qui tient le licol reste fixe, rassurante. Le message est clair : rien de dangereux ne va se produire.
GrĂące Ă cette dĂ©sensibilisation progressive, le stick devient un repĂšre. Plus tard, lorsquâil viendra toucher le poitrail ou le canon, le cheval lâinterprĂ©tera comme une demande rĂ©flĂ©chie et non comme une agression. Cette diffĂ©rence est capitale pour la rĂ©ussite du dressage.
Choisir le bon lieu et le bon moment pour lâapprentissage
Le contexte compte autant que la technique. Apprendre la jambette dans une allĂ©e de pansage Ă©troite ou prĂšs dâun abreuvoir trĂšs frĂ©quentĂ© augmente les risques dâincident. LâidĂ©al reste une zone plane, avec un sol non glissant, et suffisamment dâespace pour que le cheval puisse replacer ses pieds sans se sentir coincĂ©. Un rond de longe calme ou un coin de carriĂšre tranquille font parfaitement lâaffaire. Au moment de dĂ©buter, les distractions sont limitĂ©es : pas de chevaux qui galopent Ă cĂŽtĂ©, pas dâengins qui passent Ă la barriĂšre.
La durĂ©e de la sĂ©ance joue aussi sur la qualitĂ© de lâexercice. PlutĂŽt que de viser trente minutes de jambette, mieux vaut intĂ©grer deux ou trois sĂ©quences de cinq minutes dans un travail Ă pied plus global. On peut, par exemple, enchaĂźner quelques exercices dâobĂ©issance simple comme reculer ou dĂ©placement des hanches, puis revenir sur la jambette. Le cheval garde ainsi un esprit joueur et ne se lasse pas dâun seul mouvement. Cette organisation rend lâapprentissage plus fluide et plus agrĂ©able pour tout le monde.
En fin de prĂ©paration, le cheval sait rester concentrĂ©, accepter le contact du stick, se dĂ©placer calmement autour de lâhumain. Câest le socle parfait pour engager les premiers gestes de jambette, qui vont demander un peu plus de prĂ©cision.
Techniques pas Ă pas pour initier la jambette au cheval
Au moment dâattaquer le cĆur de lâexercice, beaucoup de propriĂ©taires craignent de « mal faire ». Les offres de mĂ©thodes pullulent sur les rĂ©seaux, parfois trĂšs contradictoires, ce qui nâaide pas. En rĂ©alitĂ©, il existe plusieurs chemins pour enseigner la jambette, mais tous reposent sur les mĂȘmes ingrĂ©dients : un signal clair, un critĂšre simple au dĂ©but, une rĂ©compense immĂ©diate dĂšs que le cheval propose quelque chose qui va dans la bonne direction. On peut considĂ©rer que les premiĂšres sĂ©ances servent surtout Ă faire naĂźtre lâidĂ©e de lever la patte sur demande, sans viser tout de suite le geste parfait.
Un exemple parlant est celui dâun poney qui touche spontanĂ©ment tout avec son nez. Ce tempĂ©rament curieux facilite le travail. Il suffit de dĂ©poser au sol un papier de bonbon ou un sac, puis de marquer chaque petite tentative de lever dâantĂ©rieur pour Ă©viter lâobjet. En peu de temps, ce poney associe le stimulus du bruit avec le mouvement de la jambe, puis avec le mot choisi par son humain.
CrĂ©er lâassociation entre le signal et le mouvement
Le premier objectif est que le cheval comprenne quâun certain signal signifie « lĂšve ton antĂ©rieur ». Ce signal peut ĂȘtre vocal, tactile, visuel ou un mĂ©lange des trois. Beaucoup choisissent un mot simple comme « jambette », prononcĂ© dâune voix claire, associĂ© Ă un lĂ©ger tapotement du stick au niveau du poitrail ou du canon. Lâimportant est de rester cohĂ©rent : mĂȘme intonation, mĂȘme zone de contact, mĂȘme position du corps. Si le signal change tout le temps, lâapprentissage se brouille.
Au dĂ©but, le cheval ne sait pas ce qui est attendu. Il peut bouger la tĂȘte, se dĂ©caler ou renifler le stick. La personne, elle, reste neutre. DĂšs que le cheval soulĂšve lĂ©gĂšrement le pied, mĂȘme dâun centimĂštre, tout sâarrĂȘte : le stick se retire, la voix fĂ©licite, la rĂ©compense arrive. Ce principe de marquer le moindre effort dans la bonne direction permet au cerveau de lâanimal dâidentifier rapidement ce qui dĂ©clenche la rĂ©compense.
Utiliser les bons renforçateurs : friandises, voix et pauses
Pour un cheval, la motivation varie selon son caractĂšre. Certains sont trĂšs gourmands et rĂ©agissent fortement Ă la friandise, dâautres prĂ©fĂšrent une rupture de pression ou un moment de repos. Ce que lâon recherche aujourdâhui en Ă©ducation positive, câest un juste Ă©quilibre. Un cheval gavĂ© de bonbons devient vite envahissant, alors quâun cheval qui nâest jamais rĂ©compensĂ© perd lâenvie dâessayer.
Une stratégie efficace consiste à combiner plusieurs types de renforcement :
- une petite friandise pour marquer les progrĂšs nets
- une caresse appuyée ou une grattouille au garrot pour entretenir la complicité
- quelques secondes de pause rĂȘnes longues pour laisser souffler
Cette combinaison garde le cheval attentif sans le transformer en distributeur compulsif dâantĂ©rieurs. Au moment oĂč la jambette commence Ă ressembler Ă quelque chose de rĂ©gulier, on peut diminuer progressivement la frĂ©quence des friandises tout en gardant la voix et les pauses comme rĂ©compense de base.
En procĂ©dant ainsi, lâanimal comprend que lâexercice fait partie dâun ensemble de codes dâobĂ©issance et pas seulement dâun jeu pour obtenir Ă manger. Cela prĂ©pare dĂ©jĂ les futures Ă©volutions vers des figures comme le pas espagnol, pour lesquelles il est intĂ©ressant de consulter des ressources dĂ©diĂ©es comme ce guide sur le pas espagnol.
Gérer les erreurs et les réactions imprévues
Durant les premiĂšres sĂ©ances, certains chevaux peuvent taper au sol, gratter de maniĂšre insistante ou mĂȘme viser lâhumain par maladresse. Câest lĂ que la sĂ©curitĂ© et la clartĂ© prennent toute leur importance. La personne doit se placer lĂ©gĂšrement sur le cĂŽtĂ©, Ă distance de la trajectoire possible de lâantĂ©rieur, plutĂŽt quâen face. On Ă©vite ainsi le risque de se faire toucher le genou sans faire exprĂšs.
Si le cheval gratte au sol nerveusement ou propose la jambette sans demande, la rĂ©ponse reste calme mais ferme. On cesse immĂ©diatement la rĂ©compense, on demande un exercice de base comme un reculer ou un dĂ©placement latĂ©ral, puis on reprend plus tard. Le message est simple : la jambette nâapparaĂźt que lorsquâun signal bien prĂ©cis est donnĂ©. Cette gestion des erreurs, rĂ©pĂ©tĂ©e avec patience, Ă©vite que lâexercice ne devienne une manie envahissante. Peu Ă peu, le cheval comprend mieux le cadre et la communication sâaffine.
Une fois ces mĂ©canismes posĂ©s, les premiers gestes de jambette sâinstallent. Il devient alors possible dâaugmenter les critĂšres, en visant une patte plus tendue et un maintien plus long.
Renforcer la coordination, la confiance et la sécurité autour de la jambette
Quand le cheval propose rĂ©guliĂšrement la levĂ©e de pied sur demande, une nouvelle phase sâouvre. Il ne sâagit plus seulement dâobtenir un mouvement, mais de le rendre harmonieux, coordonnĂ© et sĂ»r. Ce stade de lâapprentissage transforme souvent la relation. De nombreux cavaliers racontent quâau moment oĂč leur cheval commence Ă proposer une jambette calme et fiĂšre, ils sentent naĂźtre une vraie complicitĂ©. Lâanimal ne fait plus seulement « parce quâon lui demande », il semble comprendre que cet exercice fait partie dâun jeu partagĂ©.
Le travail va alors consister Ă rallonger la durĂ©e, Ă affiner lâangle de la jambe et Ă installer des repĂšres clairs pour garder tout le monde en sĂ©curitĂ©. On peut considĂ©rer que cette Ă©tape est aussi importante pour le mental que pour le physique du cheval, car elle lui apprend Ă contrĂŽler son corps avec prĂ©cision.
Augmenter progressivement lâamplitude et la durĂ©e
La tentation est grande dâexiger dâun coup une jambette haute et bien tendue. Pourtant, ce saut de difficultĂ© brusque crĂ©e souvent de la confusion. Mieux vaut diviser le chemin en petits paliers. Lorsque le cheval lĂšve le pied, on sĂ©lectionne par exemple les tentatives oĂč la jambe part un peu plus vers lâavant, mĂȘme si la hauteur reste modeste. Plus tard, on valorise les moments oĂč la jambe reste en avant quelques fractions de seconde de plus.
Cette progression graduelle respecte le corps et le mental du cheval. Les muscles des Ă©paules et du dos ont le temps de sâadapter. On Ă©vite aussi les dĂ©fenses liĂ©es Ă un inconfort articulaire. Si un jour le cheval semble moins Ă lâaise, il est intelligent de rĂ©duire lâintensitĂ© ou de faire une sĂ©ance axĂ©e sur dâautres exercices, plutĂŽt que dâinsister. La patience fait ici toute la diffĂ©rence entre un apprentissage fluide et une lutte de pouvoir.
Installer des rituels de sécurité pour le cavalier et le cheval
Le travail de jambette reste potentiellement risquĂ© si lâon nĂ©glige la sĂ©curitĂ©. Un antĂ©rieur mal dirigĂ© peut heurter la personne, un cheval dĂ©sĂ©quilibrĂ© peut se faire mal. Pour Ă©viter cela, quelques rituels simples deviennent des rĂ©flexes. La personne se place toujours lĂ©gĂšrement de biais, main prĂšs du licol mais corps hors de la trajectoire directe. Les pieds restent prĂȘts Ă se reculer dâun pas si nĂ©cessaire.
Avant toute demande, un bref arrĂȘt et une expiration volontaire aident Ă calmer lâambiance. Le cheval perçoit ce changement de ton et de posture. Au moment de la jambette, seule la jambe sollicitĂ©e avance, les autres restent stables. Si lâanimal commence Ă se dĂ©placer en mĂȘme temps quâil lĂšve la patte, on revient Ă un critĂšre plus facile, par exemple une levĂ©e plus petite mais sur place. Ce travail de prĂ©cision sĂ©curise le mouvement sur le long terme.
Illustration comparative des niveaux de jambette
Pour mieux visualiser cette progression, il est utile de rĂ©sumer les diffĂ©rents stades de lâexercice, du tout dĂ©but Ă la jambette aboutie.
| Niveau | Description de la jambette | Objectif principal |
|---|---|---|
| DĂ©but | Petit lever de pied, jambe peu avancĂ©e, durĂ©e trĂšs courte | CrĂ©er lâassociation signal mouvement et instaurer la confiance |
| IntermĂ©diaire | AntĂ©rieur plus tendu vers lâavant, geste reconnaissable | AmĂ©liorer la coordination et la stabilitĂ© du cheval |
| AvancĂ© | Jambette haute, tenue quelques secondes, cheval dĂ©tendu | Obtenir une figure esthĂ©tique et contrĂŽlĂ©e, prĂȘte Ă ĂȘtre intĂ©grĂ©e au pas espagnol |
Ce tableau montre que la belle jambette nâest que la pointe visible dâun processus patient. Chaque palier consolide le suivant, un peu comme les fondations dâune maison que lâon veut durable.
Ă ce stade, de nombreux cavaliers souhaitent enchaĂźner plusieurs jambettes ou les intĂ©grer Ă un enchaĂźnement plus complexe. La suite logique consiste Ă affiner encore la qualitĂ© de la rĂ©ponse et Ă relier cet exercice Ă dâautres formes de dressage comme le pas espagnol, pour lequel il est pertinent de consulter une mĂ©thode complĂ©mentaire.
Affiner la jambette : critÚres de qualité et erreurs à éviter
Une fois la jambette installĂ©e, ce que lâon recherche aujourdâhui nâest plus seulement « quâil lĂšve la jambe », mais la qualitĂ© globale du mouvement. Câest ici que beaucoup de propriĂ©taires se retrouvent face Ă un vĂ©ritable casse tĂȘte. Le cheval fait la jambette, mais elle est basse, pliĂ©e ou prĂ©cipitĂ©e. Pourtant, avec quelques ajustements de critĂšres et une gestion prĂ©cise des rĂ©compenses, la figure peut gagner en Ă©lĂ©gance sans braquer lâanimal.
Dans lâhistoire dâun couple cheval cavalier, cette phase dâaffinage rĂ©vĂšle souvent la maturitĂ© de la relation. Le cheval comprend dĂ©jĂ les bases, il fait confiance, mais il faut maintenant affiner la communication pour viser une expression plus fine, presque artistique.
DĂ©finir ce quâest une « belle » jambette
Pour progresser, il est utile de se mettre dâaccord sur ce quâon appelle une belle jambette. Sans tomber dans le perfectionnisme, certains critĂšres simples aident Ă guider le travail. Le cheval garde un encolure dĂ©tendue, lâantĂ©rieur part franchement vers lâavant et non en biais, le dos ne se creuse pas de maniĂšre exagĂ©rĂ©e, la jambe reste tendue une seconde ou deux avant de se reposer tranquillement au sol.
Ă partir de ce moment, la gestion de la rĂ©compense devient plus sĂ©lective. PlutĂŽt que de fĂ©liciter toutes les jambettes, on choisit les meilleures : celles qui se rapprochent le plus de lâidĂ©al dĂ©fini. Cela ne signifie pas de punir ou dâignorer brutalement les autres, mais de marquer plus clairement ce qui est vraiment attendu. Le cheval, trĂšs sensible Ă ces nuances, ajustera peu Ă peu son effort.
Réduire les mauvaises habitudes sans casser la motivation
Certains chevaux dĂ©veloppent des attitudes parasites autour de la jambette : grattage compulsif, mouvement trop rapide, coups de pied vers lâavant. LĂ encore, la solution ne rĂ©side pas dans la contrainte, mais dans la clartĂ© et la constance. Si la jambette devient trop agitĂ©e, on peut par exemple redemander une simple flexion dâencolure ou un reculer calme, pour ramener du contrĂŽle. Lâexercice de jambette ne revient quâune fois le calme retrouvĂ©.
Lorsque lâanimal propose des jambettes hors demande, le principe est simple : aucune rĂ©compense, aucun commentaire. On attend un comportement neutre, puis on redonne le signal officiel. Avec le temps, le cheval comprend que seule la jambette associĂ©e au mot et au geste prĂ©cis dĂ©clenche une rĂ©compense. Cette rigueur Ă©vite que la figure ne devienne un tic gĂȘnant, surtout lors des sĂ©ances dâĂ©quitation montĂ©es oĂč la jambe du cavalier pourrait ĂȘtre confondue avec le signal de jambette.
Préparer la transition vers des figures plus complexes
Une jambette propre ouvre la porte Ă dâautres exercices de dressage Ă pied, comme le pas espagnol ou certaines figures de spectacle. Beaucoup de cavaliers sont de plus en plus nombreux Ă vouloir crĂ©er des enchaĂźnements harmonieux, dignes des numĂ©ros que lâon voit en gala. Pour cela, il est intĂ©ressant de consulter des ressources spĂ©cifiques, notamment des guides dĂ©taillĂ©s sur le pas espagnol comme ce tutoriel spĂ©cialisĂ©, qui montre comment relier plusieurs jambettes en dĂ©placement.
ConcrĂštement, on commence souvent par demander une jambette, puis un pas en avant, puis une deuxiĂšme jambette avec lâautre antĂ©rieur. Le cheval doit alors coordonner sa locomotion avec la levĂ©e de jambe. Cette Ă©tape nĂ©cessite encore plus de patience et une excellente maĂźtrise des bases, mais elle offre des perspectives incroyablement enrichissantes pour la complicitĂ© du couple.
Au final, lâaffinage de la jambette nâest pas quâune question dâesthĂ©tique. Câest un terrain dâentraĂźnement idĂ©al pour dĂ©velopper lâĂ©coute, la gestion de lâĂ©nergie et la finesse de communication entre le cheval et son humain.
Intégrer la jambette au quotidien du cheval et diversifier les exercices
Une jambette bien acquise ne doit pas rester enfermĂ©e dans une seule sĂ©ance de spectacle. Il sâagit de lâintĂ©grer intelligemment dans la routine du cheval pour que cet apprentissage reste vivant et utile. Certains propriĂ©taires lâutilisent comme Ă©chauffement, dâautres comme petit jeu pour rĂ©compenser un effort physique plus soutenu, dâautres enfin comme outil pour garder le moral dâun cheval qui travaille moins pour raisons de santĂ©.
On peut considĂ©rer que la jambette devient alors un vĂ©ritable langage commun. Elle peut marquer le dĂ©but dâune sĂ©ance, la fin dâun exercice rĂ©ussi, ou mĂȘme sâinscrire dans une dĂ©monstration ludique lors dâune journĂ©e de portes ouvertes au club. Lâessentiel est de la garder agrĂ©able, pour que le cheval y prenne autant de plaisir que son humain.
Exemples dâutilisation de la jambette dans une sĂ©ance type
Pour illustrer concrĂštement, imaginons une sĂ©ance de travail Ă pied pour un cheval de loisir. AprĂšs dix minutes de marche en main et de transitions simples, une courte sĂ©quence de jambette vient mobiliser les Ă©paules. Lâanimal rĂ©alise trois jambettes calmes de chaque cĂŽtĂ©, chacune suivie dâune petite pause. Ensuite, la personne enchaĂźne sur des dĂ©placements latĂ©raux ou des reculers, puis revient Ă©ventuellement sur une derniĂšre jambette plus expressive, trĂšs rĂ©compensĂ©e, qui signale la fin de la sĂ©ance.
Dans un autre contexte, un cheval plus expĂ©rimentĂ© peut commencer par quelques jambettes, puis glisser progressivement vers un pas espagnol. Les cavaliers qui souhaitent approfondir ce point ont tout intĂ©rĂȘt Ă se tourner vers des contenus dĂ©diĂ©s comme une mĂ©thode complĂšte pour le pas espagnol, afin dâarticuler au mieux ces deux exercices.
Adapter la jambette au tempĂ©rament et Ă lâĂąge du cheval
Chaque cheval est unique. Un jeune, plein dâĂ©nergie, aura tendance Ă proposer des jambettes vives, parfois trop amples. Un senior, lui, pourra au contraire manquer de souplesse ou de force. Ce que lâon recherche aujourdâhui, ce nâest pas une performance standardisĂ©e, mais un exercice ajustĂ© Ă chaque individu. Pour un jeune, on insistera davantage sur le calme, la prĂ©cision et la maĂźtrise de lâenthousiasme. Pour un cheval plus ĂągĂ©, on limitera la hauteur et la durĂ©e de la jambette, en privilĂ©giant le confort et le plaisir.
Les chevaux trĂšs sensibles ou anxieux gagnent souvent Ă commencer par des exercices plus simples dâobĂ©issance au sol, comme cĂ©der la nuque ou dĂ©placer les hanches, avant de toucher Ă la jambette. Ă lâinverse, les chevaux joueurs, parfois un peu envahissants, bĂ©nĂ©ficieront dâun cadre clair autour de la figure, avec des rĂšgles bien dĂ©finies sur le moment et le lieu oĂč elle peut ĂȘtre proposĂ©e.
Sur cette base, la jambette nâest plus un simple « tour ». Elle devient un outil de communication polyvalent, qui sâinscrit naturellement dans un ensemble dâexercices variĂ©s et cohĂ©rents.
FAQ
Ă partir de quel Ăąge peut on apprendre la jambette Ă un cheval ?
La jambette peut commencer Ă ĂȘtre abordĂ©e chez un jeune cheval dĂ©jĂ manipulĂ© et bien Ă©duquĂ© au sol, gĂ©nĂ©ralement vers 3 ou 4 ans. Lâessentiel est que lâanimal soit capable de respecter lâespace de lâhumain, de rĂ©pondre calmement Ă un licol et de supporter le contact du stick. Pour un poulain plus jeune, mieux vaut se limiter Ă des exercices simples dâobĂ©issance et de confiance, puis introduire la jambette plus tard, lorsque le corps et le mental sont plus stables.
Combien de temps faut il pour apprendre la jambette Ă un cheval ?
La durĂ©e varie Ă©normĂ©ment selon le tempĂ©rament du cheval, son expĂ©rience en travail Ă pied et la rĂ©gularitĂ© des sĂ©ances. Certains chevaux comprennent le principe de lever le pied sur demande en une Ă deux sĂ©ances, tandis que dâautres ont besoin de plusieurs semaines pour proposer une jambette calme et bien tendue. En gĂ©nĂ©ral, avec deux ou trois petites sĂ©ances par semaine, on obtient une jambette correcte en quelques semaines, Ă condition de rester cohĂ©rent et patient.
La jambette présente t elle des risques pour les articulations du cheval ?
PratiquĂ©e avec modĂ©ration et en respectant les capacitĂ©s physiques de lâanimal, la jambette ne pose pas de problĂšme particulier. Elle mobilise les Ă©paules et les muscles du dos, ce qui peut mĂȘme ĂȘtre bĂ©nĂ©fique si lâexercice est bien dosĂ©. Les risques apparaissent surtout en cas dâexigences trop Ă©levĂ©es (jambettes trĂšs hautes, rĂ©pĂ©tĂ©es longtemps) ou chez des chevaux qui prĂ©sentent dĂ©jĂ des pathologies. En cas de doute, il est toujours intĂ©ressant de consulter un vĂ©tĂ©rinaire ou un ostĂ©opathe Ă©quin avant de pousser lâexercice.
Faut il toujours utiliser des friandises pour cet apprentissage ?
Les friandises sont un outil trĂšs efficace pour marquer les bons comportements, surtout dans les premiĂšres Ă©tapes de lâapprentissage. Cependant, il nâest pas obligatoire de les utiliser tout le temps. On peut les combiner avec la voix, les caresses et les pauses pour Ă©viter que le cheval ne devienne trop envahissant. Une fois la jambette bien comprise, il est possible dâespacer les rĂ©compenses alimentaires tout en maintenant un retour positif grĂące aux autres formes de renforcement.
Comment éviter que le cheval fasse la jambette tout le temps sans demande ?
Pour Ă©viter que la jambette ne devienne un tic, il est important de ne rĂ©compenser que les mouvements rĂ©pondant Ă un signal clair (mot, geste du stick) et dans un cadre bien dĂ©fini. Si le cheval propose une jambette de lui mĂȘme, on ignore simplement le comportement, sans rĂ©compense ni caresse. Ensuite, on attend un moment de calme et on redonne le signal officiel. Avec de la constance, le cheval comprend que seule la jambette demandĂ©e est valorisĂ©e, ce qui limite fortement les offres intempestives.

