Au moment de parler du pli du paturon et de son rĂŽle dans la santĂ© du cheval, il est frappant de voir Ă quel point cette petite zone peut bouleverser tout le quotidien dâun cavalier. Beaucoup de propriĂ©taires dĂ©couvrent son importance le jour oĂč leur cheval commence Ă boiter lĂ©gĂšrement, ou refuse de poser le pied dans la boue, alors quâen apparence le sabot est impeccable. Il sâagit pourtant dâune zone clĂ© pour lâanatomie Ă©quine, situĂ©e entre le boulet et le sabot, qui encaisse chaque foulĂ©e et subit directement lâhumiditĂ© du sol. Ce que lâon recherche aujourdâhui, ce nâest plus seulement un cheval performant, mais surtout un compagnon bien dans son corps, capable de sortir par tous les temps sans souffrir. Le pli du paturon fait alors figure de baromĂštre discret du confort du cheval.
Les cavaliers sont de plus en plus nombreux Ă sâintĂ©resser aux soins du cheval au sens large, de lâentretien des sabots Ă la gestion de la peau, en passant par la prĂ©vention des petites blessures. Le pli du paturon cristallise cette recherche dâĂ©quilibre : suffisamment souple pour permettre la flexion, mais assez protĂ©gĂ© pour rĂ©sister Ă la boue, aux frottements et aux bactĂ©ries. Une simple rougeur peut annoncer une vraie inflammation du paturon, puis une gale de boue tenace. Ă lâinverse, une bonne hygiĂšne du paturon, un environnement adaptĂ© et lâutilisation de produits spĂ©cifiques transforment la routine quotidienne en vĂ©ritable assurance confort. Entre propriĂ©taires dĂ©butants et cavaliers expĂ©rimentĂ©s, on peut considĂ©rer que chacun gagne Ă mieux connaĂźtre le rĂŽle du paturon et les bons gestes pour le protĂ©ger au quotidien.
Sommaire
Comprendre le pli du paturon chez le cheval et le rÎle de cette zone clé
Le pli du paturon se situe Ă lâarriĂšre du membre, juste au-dessus de la couronne du sabot, dans cette petite zone de peau qui se plisse lorsque le cheval flĂ©chit le pied. Ă premiĂšre vue, cela paraĂźt anodin. Pourtant, il sâagit dâun vĂ©ritable charniĂšre entre le sol et le reste du membre. Dans lâanatomie Ă©quine, cette rĂ©gion accompagne chaque flexion, amortit une partie des chocs et participe Ă la souplesse du mouvement. La peau y est plus fine, plus Ă©lastique et souvent plus chaude au toucher, ce qui traduit une forte vascularisation.
Ce caractĂšre souple et mobile a un prix. Le pli du paturon est constamment exposĂ© aux projections de boue, Ă lâeau stagnante, aux herbes humides qui collent Ă la peau. Lorsquâun cheval vit au prĂ© ou en paddock boueux, lâeau et les saletĂ©s restent coincĂ©es dans cette zone, surtout si les fanons sont fournis. On peut considĂ©rer que câest lâun des premiers endroits oĂč lâhumiditĂ© sâinstalle durablement. Si lâon ajoute les frottements rĂ©guliers du sable de carriĂšre ou de la neige gelĂ©e en hiver, on comprend vite pourquoi les irritations y sont si frĂ©quentes.
Le rĂŽle du paturon ne se limite pas Ă la flexion mĂ©canique. Ă chaque foulĂ©e, la boĂźte cornĂ©e sâĂ©crase lĂ©gĂšrement, les tissus mous se dĂ©forment, puis tout revient en place. Cette dynamique contribue au âpompageâ sanguin et lymphatique dans le bas du membre. Lorsque la peau du pli du paturon est saine, cette micro circulation est fluide, ce qui limite les engorgements et les surcharges. Ă lâinverse, quand la zone est enflammĂ©e ou douloureuse, le cheval modifie sa façon de poser le pied. Il se retient, avance moins franchement, se raidit. Cette micro compensation peut devenir source de tensions plus haut dans le membre, voire dans le dos.
Il est intĂ©ressant de consulter lâensemble du membre pour apprĂ©cier lâĂ©tat du paturon. Un cheval qui prĂ©sente des balzanes blanches, donc une peau plus claire, est souvent plus sensible aux agressions extĂ©rieures. Les propriĂ©taires qui sâintĂ©ressent Ă la signification des marques comme les balzanes trouvent dâailleurs des informations utiles sur les particularitĂ©s de ces zones sensibles, par exemple sur des pages dĂ©diĂ©es aux balzanes du cheval. Cela rappelle que la couleur de la peau joue un rĂŽle dans la fragilitĂ© locale, notamment au niveau du paturon.
Pour illustrer lâimportance de cette rĂ©gion, on peut prendre le cas dâun cheval de randonnĂ©e, comme âGaminâ, qui sort plusieurs heures par semaine sur chemins humides. Lorsque le terrain alterne flaques, graviers et petits ruisseaux, le pli du paturon travaille en permanence. Si cette zone est entretenue correctement, Gamin reste souple, avance volontiers, supporte les changements de sol. Mais dĂšs que la peau commence Ă gerçurer, la moindre goutte dâeau devient dĂ©sagrĂ©able. Il sâarrĂȘte plus souvent et cherche Ă Ă©viter les passages difficiles. Le cavalier ne voit parfois que la consĂ©quence, une petite gĂȘne, alors que la cause se niche dans ce pli de peau Ă peine visible sous les fanons.
Ce que lâon recherche aujourdâhui, ce nâest pas dâĂ©viter toute contrainte, car un cheval a besoin de sortir, de marcher sur des sols variĂ©s. Lâobjectif est plutĂŽt de faire en sorte que le pli du paturon puisse jouer pleinement son rĂŽle de zone tampon, sans sâabĂźmer. ConnaĂźtre son emplacement prĂ©cis, son aspect normal, sa souplesse permet de repĂ©rer trĂšs tĂŽt les premiers signes dâalerte. Un paturon propre, souple et sec, sans rougeur ni croĂ»tes, reste la meilleure base pour un cheval confortable Ă chaque saison.
Affections frĂ©quentes du pli du paturon et signes dâalerte Ă surveiller
Les problĂšmes qui touchent le pli du paturon ne sont pas rares. Ils reprĂ©sentent mĂȘme une part importante des motifs de consultation en pĂ©riode humide. Parmi les affections classiques, on retrouve la gale de boue, les crevasses, diverses dermatites irritatives et parfois des surinfections bactĂ©riennes ou fongiques. On peut considĂ©rer que dĂšs que la barriĂšre cutanĂ©e est rompue, lâhumiditĂ© et les germes sây engouffrent immĂ©diatement.
La gale de boue constitue la maladie emblĂ©matique du paturon. Elle se manifeste par des croĂ»tes plus ou moins Ă©paisses, souvent Ă lâarriĂšre du membre, avec une peau rouge et chaude en dessous. Le cheval rĂ©agit parfois vivement quand on touche ces croĂ»tes. Dans les cas avancĂ©s, des suintements et une douleur Ă la flexion apparaissent. Si rien nâest fait, une boiterie peut survenir. Pour aller plus loin dans la comprĂ©hension et le traitement, il est intĂ©ressant de consulter un guide dĂ©taillĂ© consacrĂ© Ă la gale du paturon et aux soins adaptĂ©s.
Les crevasses, quant Ă elles, prennent souvent la forme de fissures horizontales, dans le sens des plis. Elles se dĂ©veloppent lorsque la peau est Ă la fois ramollie par lâhumiditĂ©, puis agressĂ©e par le froid ou les frottements. Ces fentes sâouvrent Ă chaque flexion, ce qui rend la guĂ©rison plus longue. Si une crevasse nâest pas vue Ă temps, elle se transforme vite en vĂ©ritable casse-tĂȘte, car chaque mouvement rĂ©-ouvre mĂ©caniquement la plaie. Câest une des raisons pour lesquelles la vigilance quotidienne est si importante.
Ă cĂŽtĂ© de ces atteintes connues, dâautres formes dâinflammation du paturon peuvent apparaĂźtre. Certaines sont liĂ©es Ă une rĂ©action Ă un produit trop agressif. Un dĂ©sinfectant concentrĂ©, utilisĂ© de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, peut dessĂ©cher la peau et dĂ©clencher des rougeurs. Dâautres dermatites proviennent de plantes urticantes dans un prĂ© mal entretenu. Le cheval frotte, se gratte, arrache les poils, puis des petites plaies se creusent. LâhumiditĂ© accentue encore la situation.
Les symptĂŽmes Ă surveiller sont assez constants dâun cheval Ă lâautre. Parmi les signes dâalerte, on retrouve :
- Une rougeur inhabituelle au niveau du pli du paturon, avec parfois une peau chaude et légÚrement gonflée
- Lâapparition de croĂ»tes, de pellicules ou de zones sans poils dans cette rĂ©gion
- Une sensibilité au toucher, voire un retrait brusque du membre lors de la manipulation
- Une tendance à se lécher ou se mordiller les membres, ou à les cogner entre eux
DĂšs que plusieurs de ces Ă©lĂ©ments se combinent, on peut considĂ©rer que le paturon nâest plus sain. Un exemple parlant est celui des chevaux vivant au prĂ© en troupeau. Lâun dâeux commence Ă traĂźner un peu le pied, puis Ă refuser les passages trĂšs boueux. En apparence, la locomotion est presque normale, et le sabot ne montre rien de particulier. En observant de plus prĂšs, des croĂ»tes humides apparaissent au fond du pli du paturon. La cause de la gĂȘne devient alors Ă©vidente.
Il ne faut pas oublier non plus que certains profils sont plus Ă risque. Les chevaux avec de longs fanons, comme les frisons ou les cobs, masquent parfois complĂštement lâĂ©tat de la peau. Un entretien rĂ©gulier des fanons, Ă©ventuellement en suivant des conseils spĂ©cialisĂ©s comme ceux que lâon trouve sur lâentretien des fanons du cheval, facilite la surveillance. Les chevaux ĂągĂ©s ou ayant une immunitĂ© fragile rĂ©agissent aussi plus sĂ©vĂšrement aux agressions cutanĂ©es.
En rĂ©sumĂ©, plus lâobservation du pli du paturon est frĂ©quente, plus les problĂšmes sont dĂ©tectĂ©s tĂŽt. Une simple rougeur, traitĂ©e dĂšs le dĂ©but, reste souvent une anecdote. La mĂȘme rougeur nĂ©gligĂ©e plusieurs jours peut devenir une infection installĂ©e. La clĂ© reste donc lâattention portĂ©e Ă cette zone discrĂšte, mais essentielle.
Soins du pli du paturon : hygiÚne du paturon, produits spécifiques et gestes quotidiens
Les soins du cheval au niveau du pli du paturon reposent dâabord sur une hygiĂšne simple et rĂ©guliĂšre. Ce que lâon recherche aujourdâhui, ce nâest pas de multiplier les produits, mais de bĂątir une routine cohĂ©rente et respectueuse de la peau. Lâobjectif est double : prĂ©server la barriĂšre cutanĂ©e et limiter lâinflammation du paturon en cas de dĂ©but de lĂ©sion.
Le premier geste consiste Ă nettoyer en douceur. AprĂšs une sortie en terrain humide, un rinçage Ă lâeau tiĂšde, suivi dâun sĂ©chage mĂ©ticuleux avec une serviette propre, aide Ă retirer la boue sans agresser la peau. Un savon doux, Ă base dâhuile vĂ©gĂ©tale ou de calendula, peut ĂȘtre utilisĂ© si le paturon est trĂšs sale. Il sâagit de limiter la frĂ©quence des lavages savonneux pour ne pas dĂ©lipider la peau. Lorsque la zone est dĂ©jĂ irritĂ©e, un nettoyage brutal arrache les croĂ»tes et prolonge la guĂ©rison.
Lâutilisation de produits spĂ©cifiques prend tout son sens dĂšs quâune irritation apparaĂźt. Les poudres assainissantes, par exemple, ont pour rĂŽle de maintenir un micro-environnement sec. Elles absorbent lâexcĂšs dâhumiditĂ© et crĂ©ent une surface moins favorable aux bactĂ©ries. Des prĂ©parations Ă base dâargile, de zinc ou de miel sont particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©es, car elles associent pouvoir assĂ©chant et soutien de la cicatrisation. On peut considĂ©rer que ce type de soin est une base pour les paturons sensibles en pĂ©riode trĂšs humide.
Les onguents et baumes enrichis en extraits de plantes apaisantes, comme le calendula ou la lavande, complĂštent cette approche. Ils forment un film protecteur, tout en respectant la respiration de la peau. Des propriĂ©taires utilisent parfois la vaseline comme barriĂšre face Ă lâhumiditĂ©. Pour comprendre dans quels cas ce produit est pertinent et comment lâappliquer sans excĂšs, il est intĂ©ressant de consulter une ressource dĂ©diĂ©e aux principaux usages de la vaseline chez les chevaux. Un film trop Ă©pais, laissĂ© en continu, peut en effet emprisonner lâhumiditĂ© et aggraver la macĂ©ration.
Le recours Ă des bandages doit rester rĂ©flĂ©chi. Si un vĂ©tĂ©rinaire le conseille ponctuellement pour protĂ©ger une plaie, il convient de surveiller trĂšs rĂ©guliĂšrement lâintĂ©rieur du pansement. Un bandage mal gĂ©rĂ© transforme le pli du paturon en vĂ©ritable serre chaude, oĂč les germes prolifĂšrent. En lâabsence de prescription claire, mieux vaut privilĂ©gier un sĂ©chage rigoureux et des produits adaptĂ©s plutĂŽt quâun emballage permanent.
Au quotidien, la routine idĂ©ale pourrait se rĂ©sumer ainsi : observation rapide de lâarriĂšre du paturon Ă chaque pansage, rinçage aprĂšs un travail trĂšs boueux, sĂ©chage soigneux, puis application dâun soin lĂ©ger lorsque le terrain est dĂ©trempĂ© plusieurs jours de suite. Cette rĂ©gularitĂ© nâexige pas beaucoup de temps, mais elle Ă©vite de laisser une petite rougeur Ă©voluer en plaie ouverte.
Pour les chevaux qui portent des cloches ou des protections fermĂ©es au niveau des membres, lâentretien des sabots et des Ă©quipements joue aussi un rĂŽle. Une cloche mal ajustĂ©e frotte sur le pli du paturon et crĂ©e un point de pression rĂ©pĂ©tĂ©e. En choisissant une taille adaptĂ©e et un modĂšle confortable, comme ceux que lâon peut dĂ©couvrir via des guides sur la taille des cloches pour chevaux, il devient plus facile dâĂ©viter ce type de frottement chronique.
En définitive, une bonne hygiÚne du paturon repose sur des gestes simples, mais constants. Un cheval dont les paturons sont nettoyés, séchés et suivis avec attention supporte beaucoup mieux les saisons humides. Cette vigilance réguliÚre constitue un véritable investissement pour sa santé à long terme.
Une vidĂ©o explicative permet dâailleurs de visualiser concrĂštement la bonne maniĂšre de nettoyer et sĂ©cher cette zone sensible sans lâirriter.
PrĂ©vention des infections et gestion de lâenvironnement autour du paturon
La prĂ©vention des infections au niveau du pli du paturon commence bien avant lâapplication du moindre produit. Elle passe dâabord par une rĂ©flexion sur lâenvironnement du cheval. Ce que lâon recherche aujourdâhui, câest un compromis entre la libertĂ© de mouvement au prĂ© et un sol suffisamment sain pour ne pas transformer chaque journĂ©e pluvieuse en bain de boue permanent. Les chevaux sont de plus en plus nombreux Ă vivre dehors, ce qui est excellent pour leur moral, mais impose quelques amĂ©nagements.
Autour des points sensibles du prĂ©, comme lâaire dâalimentation ou la sortie de lâabri, le sol se dĂ©grade vite. Un terrain qui reste gorgĂ© dâeau plusieurs semaines crĂ©e des conditions idĂ©ales pour les germes responsables de la gale de boue. Installer des zones stabilisĂ©es, par exemple Ă lâaide de dalles adaptĂ©es, rĂ©duit nettement le temps passĂ© par les paturons dans la boue gluante. Certains propriĂ©taires sâappuient sur des retours dâexpĂ©rience et des conseils techniques disponibles sur des pages spĂ©cialisĂ©es consacrĂ©es aux dalles stabilisatrices et Ă la protection de la santĂ© des chevaux. Ce type dâamĂ©nagement peut sembler coĂ»teux au dĂ©part, mais il diminue ensuite les frais de soins et le temps passĂ© Ă gĂ©rer les infections rĂ©pĂ©titives.
Ă lâĂ©curie, la mĂȘme logique sâapplique. Une litiĂšre humide, mĂ©langĂ©e Ă lâurine, ramollit en permanence la peau du paturon. Il sâagit donc de curer rĂ©guliĂšrement et de veiller Ă ce que la zone de couchage reste propre. Les chevaux qui dorment systĂ©matiquement sur un sol mouillĂ© prĂ©sentent souvent des paturons sensibles, voire enflammĂ©s. Un simple changement de rythme de curage suffit parfois Ă faire disparaĂźtre des irritations rĂ©currentes.
La gestion du temps de sĂ©jour au prĂ© joue aussi un rĂŽle. Par grand mauvais temps, alterner entre un abri propre et quelques heures de sortie limite lâexposition continue Ă la boue. LâidĂ©e nâest pas de garder le cheval enfermĂ©, mais de lui offrir des pĂ©riodes de sĂ©chage. Cette alternance aide la peau Ă retrouver son intĂ©gritĂ©. De plus, les promenades au pas sur sol ferme, comme un chemin stabilisĂ©, favorisent la circulation dans les membres et soutiennent la rĂ©cupĂ©ration.
La prĂ©vention passe Ă©galement par une observation fine du troupeau. Lorsque lâun des chevaux dĂ©clare une gale de boue importante, les autres sont souvent en embuscade. Un contrĂŽle visuel rĂ©gulier, surtout pendant les pĂ©riodes Ă risque, permet de commencer les soins sur les premiers signes, avant que les croĂ»tes nâenvahissent tout le pli du paturon. On peut considĂ©rer que âmieux vaut un paturon inspectĂ© cinq minutes trop souvent que cinq jours trop tardâ.
Le choix des Ă©quipements intervient lui aussi dans cette stratĂ©gie. Des protections impermĂ©ables spĂ©ciales membres peuvent aider certains chevaux trĂšs fragiles. Mais elles doivent ĂȘtre posĂ©es sur une peau parfaitement sĂšche et retirĂ©es quotidiennement pour vĂ©rifier lâabsence dâĂ©chauffement. Lâerreur frĂ©quente consiste Ă les laisser en place plusieurs jours dâaffilĂ©e, ce qui provoque la macĂ©ration quâelles Ă©taient censĂ©es Ă©viter.
Enfin, la prĂ©vention sâappuie sur la santĂ© gĂ©nĂ©rale du cheval. Une alimentation Ă©quilibrĂ©e, riche en fibres et adaptĂ©e Ă son activitĂ©, soutient le systĂšme immunitaire et la qualitĂ© de la peau. Un cheval en bonne condition gĂ©nĂ©rale dĂ©veloppe moins facilement des infections profondes Ă partir dâune simple microfissure du paturon. Ă lâinverse, un animal fatiguĂ©, carencĂ© ou stressĂ© se dĂ©fend moins bien face aux agressions extĂ©rieures.
En combinant amĂ©nagements du terrain, hygiĂšne rĂ©guliĂšre, observation attentive et gestion intelligente des protections, le pli du paturon reste dans un Ă©tat satisfaisant, mĂȘme au cĆur de lâhiver. La clĂ© est de penser globalement le cadre de vie du cheval, pour que cette petite zone de peau ne soit plus jamais la source dâun gros problĂšme.
Des vidĂ©os de retours dâexpĂ©rience sur les paddocks stabilisĂ©s ou les amĂ©nagements de pĂątures offrent souvent des idĂ©es concrĂštes Ă adapter Ă chaque Ă©curie.
RĂŽle du paturon, circulation et synthĂšse des bonnes pratiques de soins
Le rĂŽle du paturon dans la mĂ©canique du membre est intimement liĂ© Ă la circulation sanguine et lymphatique. Ă chaque foulĂ©e, la flexion et lâextension du paturon aident Ă faire remonter les liquides dans le membre, un peu comme une pompe naturelle. Lorsque le pli du paturon est douloureux, le cheval limite ses mouvements, ce qui perturbe cet effet de pompage. Peu Ă peu, des engorgements peuvent apparaĂźtre, surtout aprĂšs une longue immobilisation au box. On peut considĂ©rer que garder des paturons souples et non douloureux participe directement Ă la bonne circulation gĂ©nĂ©rale des membres.
Des massages doux rĂ©alisĂ©s du bas vers le haut, avec une crĂšme adaptĂ©e, soutiennent ce travail naturel. Ils ne remplacent pas lâactivitĂ© quotidienne, mais complĂštent lâaction de la marche. De simples promenades au pas, sur sol rĂ©gulier, contribuent Ă relancer la circulation, Ă condition que le pli du paturon ne soit pas enflammĂ©. Si la zone est trĂšs douloureuse, il reste prĂ©fĂ©rable de demander lâavis dâun professionnel avant de forcer la mise en mouvement.
Pour rĂ©sumer les grands principes Ă©voquĂ©s, il est utile de disposer dâune vision claire des objectifs et des moyens Ă mettre en Ćuvre. Le tableau ci-dessous propose une petite synthĂšse pratique des bonnes pratiques autour du pli du paturon.
| Objectif | Actions recommandées | Fréquence conseillée |
|---|---|---|
| Préserver une peau saine au pli du paturon | Nettoyage doux, séchage complet, retrait de la boue et du sable | AprÚs chaque séance sur terrain humide ou boueux |
| Limiter la macĂ©ration et lâhumiditĂ© chronique | AmĂ©nagement de zones stabilisĂ©es, litiĂšre propre, alternance prĂ©/abri | Suivi hebdomadaire de lâĂ©tat du sol |
| Prévenir les crevasses et la gale de boue | Surveillance visuelle, application ponctuelle de poudres ou argiles assainissantes | Renforcée en automne et en hiver |
| Soutenir la circulation dans les membres | Marche réguliÚre, pansage énergique mais respectueux, massages légers | Quasi quotidien pour les chevaux au box |
Cette synthĂšse montre quâun paturon en bonne santĂ© nâest pas le fruit dâun seul geste spectaculaire, mais de petits rĂ©flexes cumulĂ©s. Une personne qui brosse systĂ©matiquement les membres, qui sent la tempĂ©rature de la peau, qui sĂšche soigneusement aprĂšs la douche, met en place une prĂ©vention solide, parfois sans mĂȘme en avoir pleinement conscience.
Les cavaliers qui accompagnent leur cheval sur le long terme finissent par dĂ©velopper une sorte de âmĂ©moire tactileâ du pli du paturon. Ils sentent vite quand la peau devient plus rugueuse, plus Ă©paisse ou au contraire plus fragile. Ce lien quotidien, basĂ© sur le toucher et lâobservation, sâinscrit parfaitement dans cette recherche moderne dâune relation harmonieuse avec le cheval. En prenant au sĂ©rieux ce petit pli de peau, on prend en rĂ©alitĂ© soin de lâensemble du membre, et on renforce la capacitĂ© du cheval Ă rester actif et Ă lâaise dans toutes les disciplines.
FAQ
Comment reconnaßtre un début de gale de boue au pli du paturon ?
Un dĂ©but de gale de boue se manifeste souvent par une peau rouge et chaude au niveau du pli du paturon, avec de petites croĂ»tes qui se forment Ă lâarriĂšre du membre. Le cheval rĂ©agit parfois au toucher et peut montrer une lĂ©gĂšre gĂȘne Ă la flexion. Plus on intervient tĂŽt avec un nettoyage doux, un sĂ©chage mĂ©ticuleux et des produits assainissants adaptĂ©s, plus il est facile dâĂ©viter une extension des lĂ©sions sur tout le paturon.
à quelle fréquence faut-il vérifier le pli du paturon chez un cheval vivant au pré ?
Pour un cheval qui vit au pré, surtout en terrain humide, il est conseillé de contrÎler visuellement et au toucher le pli du paturon au moins quelques fois par semaine, voire tous les jours en période trÚs pluvieuse. Ce contrÎle rapide pendant le pansage permet de repérer une rougeur, une croûte ou une zone gonflée avant que la situation ne dégénÚre en infection plus sérieuse.
Peut-on raser complĂštement les fanons pour limiter les problĂšmes de paturon ?
Raser totalement les fanons nâest pas toujours nĂ©cessaire ni souhaitable. Les fanons protĂšgent en partie la peau, mais ils peuvent retenir lâhumiditĂ© lorsquâils sont trĂšs fournis. Un compromis consiste Ă les entretenir rĂ©guliĂšrement, Ă les Ă©claircir ou les raccourcir lĂ©gĂšrement, pour pouvoir surveiller la peau et la sĂ©cher facilement. La tonte intĂ©grale se discute au cas par cas avec le vĂ©tĂ©rinaire ou le marĂ©chal, surtout chez les races Ă fanons abondants.
Quels types de produits sont les plus adaptés pour protéger le pli du paturon en hiver ?
En hiver, les produits les plus utiles sont ceux qui associent effet assĂ©chant lĂ©ger et protection de la barriĂšre cutanĂ©e. Des poudres assainissantes, des argiles enrichies en zinc ou en miel, ainsi que des baumes Ă base de plantes apaisantes sont particuliĂšrement intĂ©ressants. Les corps gras purs comme la vaseline peuvent servir de barriĂšre ponctuelle, mais ils doivent ĂȘtre utilisĂ©s sur une peau propre et sĂšche et ne pas rester en couche Ă©paisse plusieurs jours sans contrĂŽle, pour Ă©viter la macĂ©ration.

